dimanche 19 mai 2013            

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La reconquête des friches industrielles

Lille Métropole amplifie la reconquête des friches industrielles. Fin juin, la mission friches, créée à l’initiative de Martine Aubry, a présenté son rapport aux élus. Après un état des lieux très détaillé, elle fait un certain nombre de propositions sur lesquelles le Conseil de Communauté se prononcera à la fin de l’année.


Site de Rhodia

La complexité du sujet a incité Martine Aubry, présidente de Lille Métropole Communauté urbaine, à proposer la création d’une mission “Friches industrielles et pollutions historiques”, votée à l’unanimité par le Conseil de Communauté le 17 avril 2009. Michel Pacaux, vice-président chargé des friches industrielles, a présidé cette mission tandis que Christian Decocq en était le rapporteur. René Vandierendonck et Bernard Haesebroeck ont assuré la vice-présidence. La mission a travaillé près d’un an : elle a, en particulier, procédé à une trentaine d’auditions d’experts, d’élus et de représentants qualifiés d’institutions et effectué quatre déplacements à l’étranger.


Dans son rapport remis à Martine Aubry en avril dernier, Christian Decocq expose les enjeux : “Le recyclage des friches industrielles, qui constitue le moteur du développement de la politique de renouvellement urbain, concerne toutes les compétences de l’établissement communautaire. (…) Il apparaît être un défi futur égal aux grandes réalisations passées de la métropole (canal, Grand boulevard, métro).”


Dans ce rapport, il soumet 53 recommandations articulées autour de cinq thèmes : la connaissance des friches, les dispositifs financiers, les outils juridiques, le pilotage d’un recyclage durable ; la communication. “Les auditions, explique Michel Pacaux, ont montré que nous n’étions pas en retard mais que le volume considérable de friches industrielles sur notre territoire et la diversification des projets urbains orientés davantage vers l’habitat, l’activité et les espaces récréatifs, nécessitaient de faire évoluer les approches pour suivre et anticiper ces changements. Ma volonté est de poursuivre le recyclage avec excellence.”




Un rapport détaillé

Friche

Avec ce rapport, Lille Métropole dispose d’un document de référence qui fait d’ores et déjà autorité. C’est en effet la première fois qu’un établissement public établit en toute transparence un diagnostic complet des friches de son territoire. L’exercice s’annonçait d’autant plus délicat que la métropole a particulièrement souffert de l’industrialisation aux XIXe et XXe siècles.

 

Ce rapport a retenu l’attention : il témoigne en effet d’une méthode, d’un consensus et d’une expérience indéniable de la Communauté urbaine en la matière. Ce sont autant de points forts qui préfigurent une stratégie globale et partenariale. Fives-Cail-Babcock à Lille-Fives, Rhodia à Marquette-Saint-André-La Madeleine, La Lainière à Roubaix et Wattrelos, PCUK (Produits chimiques Ugine Kulhmann), l’Union à Tourcoing, Roubaix et Wattrelos ou encore SI Energie à Lys-lez-Lannoy sont les plus symboliques des quelques 156 friches industrielles recensées sur le territoire métropolitain. Toutes ont été sinistrées lors de la désindustrialisation. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cet héritage s’avère une chance pour notre métropole.

 

 


Un enjeu majeur

Le traitement de ces sites est un enjeu essentiel du développement durable du territoire. Le temps des constructions à tout-va et de l’étalement urbain est révolu. Aujourd’hui, tous les acteurs ont bien conscience qu’il faut économiser l’espace et valoriser toute les zones urbaines, y compris les friches industrielles. Il s’agit bien de reconstruire la ville sur la ville, de faire pour ainsi dire du cousu main” en intégrant parfaitement les contraintes de santé publique. Polluées, certaines friches font l’objet d’un traitement spécifique, long et adapté à l’usage.

 

Leur reconquête et la reconstruction de la ville sur elle-même conditionnent en définitive tous les aspects économiques et sociaux de la vie quotidienne. Si l’on prend le seul exemple des transports, l’utilisation durable du sol et donc la maîtrise de la pollution impliquent une approche renouvelée de la mobilité, comme l’a montré le débat sur le sujet tenu à la Communauté urbaine en décembre 2009. Il faut limiter les déplacements : raccourcir la distance entre le domicile, le lieu de travail et les zones de loisirs. Il en est de même pour les activités économiques - avec la promotion des circuits courts par exemple -, pour l’habitat, etc.

 

Ce rapport préconise un ensemble d’actions qui devront être réalisées dans le temps. Il s’agit à présent de fixer des priorités. C’est tout l’enjeu des prochaines réunions du comité de pilotage et de la délibération qui sera soumise au Conseil de Communauté avant la fin de l’année.










Trois questions
à Michel Pacaux

Michel Pacaux

 Vice-président, Michel Pacaux est chargé des friches industrielles.

 

Quels enseignements majeurs tirez-vous de ce rapport ?
Lille Métropole est avant-gardiste en matière de requalification des friches industrielles. Elles sont les séquelles du passé industriel très important de notre région. LMCU a pris toute la mesure de ces enjeux et “peu importe l’héritage, l’important est ce que nous en faisons.“

Quelle suite attendez-vous ?
De l’action, de l’action et encore de l’action… Ce rapport dresse un état des lieux et formule cinq grandes propositions d’actions concrètes et réalistes pour une mise en oeuvre à partir de 2011 : améliorer la connaissance des sites, inventer des montages financiers, se doter d’outils et des compétences de pointe pour continuer le “recyclage“ des sites pollués, mettre en place un pilotage et des méthodes garantissant l’efficacité des interventions, être transparent à l’égard des habitants et force de propositions auprès des instances nationales et européennes.

Quel doit être le rôle de la Communauté urbaine ?
Elle doit être à l’initiative d’un large partenariat afin de mieux informer et d’agir pour dépolluer et requalifier ces anciens sites industriels. Forte de ses savoir-faire, elle doit mettre en oeuvre les préconisations de ce rapport, hiérarchiser ses priorités et ses engagements pour servir l’intérêt des habitants et de la métropole. La phase réflexion est terminée. Hier, ces friches industrielles étaient considérées comme une faiblesse ; aujourd’hui, elles offrent une belle opportunité : ces sites peuvent contribuer à répondre concrètement aux besoins de notre territoire en matière de logement, de développement économique, d’espaces naturels, d’équipements métropolitains... En somme, elles sont là et il faut en faire une chance et une force. Ici, nous savons innover et avancer !


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