Protéger l'eau : une mission quotidienne Chaque jour, Lille Métropole garantit à plus d’un million d’habitants une eau de qualité. En plus de cette mission quotidienne, la Communauté urbaine doit relever le défi de la pérennisation de son approvisionnement pour les générations futures. La qualité de l’eau fait l’objet d’une attention particulière qui se traduit par de nouvelles pratiques, à tous les niveaux, depuis le producteur jusqu’au particulier.
Lille Métropole s’est engagée dans une opération de reconquête de la qualité de l’eau. Un diagnostic sur le système d’alimentation en eau potable de la métropole a localisé les sources de pollution et préconisé les actions à mettre en oeuvre pour les faire disparaître. Sa principale conclusion : à l’horizon 2015-2025, la production en eau sera tout juste à l’équilibre, voire déficitaire en cas d’arrêt d’une grosse usine de production ou en cas de survenue d’une pollution massive.
Pour éviter tout risque de pénurie, il faut augmenter et sécuriser les capacités de stockage et lancer un vaste programme de modernisation et d’extension des usines de production. L’usine communautaire de Pecquencourt va ainsi connaître d’importants travaux, suivie par celles de Wattrelos, Roubaix-Trois Ponts, Tourcoing-Les Francs sur la nappe du carbonifère.
Les sources de demain
Les nappes d’eau du territoire sont toutes connues et exploitées. La métropole lilloise doit trouver de nouvelles sources pour répondre aux besoins de sa population qui augmente. Trois pistes de travail sont à l’étude pour un futur plus ou moins proche : la connexion avec une régie qui alimente des territoires voisins, la potabilisation des eaux de surface en aval de la Lys, et enfin l’éventuelle exploitation du canal Seine-Nord… En attendant d’optimiser l’approvisionnement, l’on comprend l’impérieuse nécessité de protéger les trois ressources du territoire : la nappe de la craie, celle du carbonifère et les eaux de surface de la Lys.
La chasse aux pesticides
Parmi les thématiques prioritaires des services de la Communauté urbaine figure la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans les espaces publics. D’ores et déjà des communes, parmi lesquelles Haubourdin, Seclin et Emmerin, se sont engagées à revoir leurs pratiques relatives à l’emploi de certains désherbants et pesticides contenant des substances chimiques difficiles à traiter par les usines de production d’eau. Les exploitations agricoles qui le souhaitent bénéficient quant à elles d’un diagnostic individuel. Des conseils d’aménagements et des subventions peuvent les aider à lutter contre une pollution sur un lieu de stockage ou de manipulation de produits. Une convention avec le Groupement des agriculteurs biologiques du Nord-Pas-de-Calais (Gabnor) a par ailleurs été signée pour des actions de sensibilisation à la conversion en agriculture biologique. Protéger la ressource nécessite également une connaissance fine de celle-ci, de son état et de son évolution. Un système d’information et de gestion des eaux souterraines de l’aire métropolitaine collecte les données de nombreux interlocuteurs, les mutualise et les modélise pour une meilleure gestion des eaux de la nappe de la craie. Et parce que les réserves naturelles en eau ne connaissent pas de frontières, un partenariat avec la Belgique et les Pays-Bas a également vu la mise en place d’un outil transfrontalier pour une gestion durable de la ressource. La protection des champs captants d’eau potable du sud de Lille constitue également une priorité. Lille Métropole Communauté urbaine a engagé l’acquisition foncière du secteur de la Platière sur les communes d’Emmerin et Haubourdin. La plantation de 75 000 arbres en trois ans par l’Espace Naturel Lille Métropole (ENLM) sur 140 hectares permettra la protection de cette zone stratégique de captage.
La consommation en baisse
Le comportement écocitoyen de tous les Métropolitains donne quant à lui des résultats encourageants : la consommation individuelle est passée, de 2002 à 2009, de 40 m3 par an à 37 m3. Rapporté au million de personnes concernées, cela revient à réduire la production annuelle de plus de cinq millions de mètres cubes ! Une bonne raison d’adopter les gestes de bon sens, tels que choisir des appareils électroménagers économes, récupérer l'eau de pluie pour l'arrosage du jardin... À plus grande échelle, les économies se réalisent aussi grâce à une véritable chasse aux fuites sur les 4 184 kilomètres de canalisations. Résultat : 83 % de l’eau produite arrive jusqu’au robinet, ce qui correspond à l’un des meilleurs rendements au niveau national.
TROIS QUESTIONS A ALAIN CACHEUX Vice-président chargé de la politique de l'eau
Quels sont les chantiers que vous avez portés depuis le début du mandat ? En dehors du chantier important de la révision et du contrat de délégation des Eaux du Nord, de nombreux dossiers ont été engagés : l’optimisation du système d’alimentation en eau de la métropole ; la meilleure connaissance et la protection des ressources en eau ; la modernisation des usines de traitement de l’eau, notamment à Sainghin-en-Weppes et à Pecquencourt, et la diversification des sources d’approvisionnement en eau de la Métropole. Enfin, un travail a été mené pour mettre sur pied une tarification sociale de l’eau.
LMCU réclame 115,7 M€ provisionnés par la Société des Eaux du Nord : comment seront-ils employés ? Cette somme sera provisionnée sur les comptes des budgets annexes en vue de financer le rachat des biens privés de distribution et de production appartenant à la SEN à l’échéance du contrat. Ces biens sont indispensables au fonctionnement du service et à l’indépendance de notre établissement pour son approvisionnement en eau. La soulte servira à la modernisation des systèmes de traitement et d’épuration des eaux.
Quels sont vos objectifs prioritaires pour la suite du mandat ? Bien évidemment, l’aboutissement de la révision du contrat de délégation constitue la priorité. Il en est de même de tous les chantiers évoqués dans votre première question. Par ailleurs, nous allons engager une réflexion sur les modes de gestion du service “Eau“, afin de faire le choix entre une reprise en régie du service de distribution ou le lancement d’une nouvelle délégation de service public à l’échéance du contrat avec les Eaux du Nord.
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