vendredi 24 mai 2013            

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Le défi du logement adapté pour tous

Le logement revient sans cesse dans les questions que leur posent leurs administrés… Les élus font tous le même constat. C’est pourquoi ce sujet crucial figure parmi les priorités du programme communautaire, avec le développement économique et les transports. Martine Aubry, présidente de Lille Métropole Communauté urbaine, a confié l’animation de ce pôle à Gérard Caudron. Celui-ci est assisté de Jean-Claude Vanbelle, vice-président chargé de l’hébergement d’urgence, et de Malik Ifri, conseiller délégué chargé des aires d’accueil des gens du voyage.


Mosaïque d'immeubles

 

 Depuis qu’elle a adopté son Programme local de l’habitat, LMCU s’implique de plus en plus dans la mise en oeuvre d’une politique du logement équilibrée sur l’ensemble de son territoire : elle a progressivement augmenté le budget qu’elle consacre aux acquisitions foncières, à la construction de logements sociaux, à la rénovation du parc ancien, à la lutte contre l’habitat indigne, etc.
Chef de file, LMCU veut jouer un rôle moteur pour régler progressivement la crise du logement.

Adapter l’offre aux besoins 
Gérard Caudron s’est fixé un objectif : l’accès de tous à un logement. Mais il préconise un travail minutieux pour adapter l’offre aux besoins des individus. Les enquêtes sociologiques le montrent bien, ces besoins sont de plus en plus diversifiés et varient fortement selon l’âge, l’environnement, la composition de la famille, la mobilité, etc. Lille Métropole Communauté urbaine veut ainsi susciter tous les partenariats souhaitables pour diversifier l’offre, faciliter les parcours résidentiels - autrement dit la possibilité de déménager selon les besoins des ménages -, encourager l’accession sociale à la propriété, trouver des solutions innovantes bien adaptées aux territoires. Elle compte ainsi sur le soutien actif de l’Etat et réunit depuis 2009 une Conférence intercommunale de peuplement.
LMCU a exprimé ces ambitions dans une délibération-cadre adoptée le 5 décembre 2008. Elle a fixé l’objectif de la construction de 6 000 logements par an, dont 2 000 logements sociaux, durant les cinq prochaines années. Elle veut également intensifier la lutte contre l’habitat indigne et agir avec tous les acteurs pour l’amélioration du parc privé ancien. Elle pourrait également ouvrir d’autres pistes telles que la mise en place d’un fonds d’intervention pour la lutte contre la précarité énergétique.
Vice-président chargé de l’hébergement d’urgence, Jean-Claude Vanbelle doit aussi coordonner des actions à court et moyen termes. La Communauté urbaine souhaite dans un premier temps mobiliser toutes les ressources pour que toute personne qui le souhaite soit accueillie. Actuellement, 1 800 places sont recensées, dont la moitié dans des établissements.

Hébergement d’urgence et aires d’accueil
D’ici à la fin du mandat, environ 200 places supplémentaires devraient être ouvertes pour assurer l’accompagnement toute l’année. Jean-Claude Vanbelle entend aussi répartir de façon mieux équilibrée les places sur le territoire métropolitain et humaniser les structures d’accueil.
De la même façon, LMCU envisage de poursuivre l’aménagement d’aires d’accueil pour les gens du voyage. Cette mission a été confiée à Malik Ifri qui travaille en collaboration étroite avec le Syndicat mixte des gens du voyage. Jusqu’à présent, huit aires d’accueil ont été aménagées selon la loi du 5 juillet 2000. Six autres le seront d’ici à fin 2011.
Enfin, la Communauté urbaine s’est saisie de la question difficile et urgente du relogement des familles Roms, en concertation étroite avec les services de l’Etat et ceux du Conseil Général du Nord. A plus long terme, LMCU veut trouver les meilleures conditions d’implantation dans la métropole pour que ces familles bénéficient de la sécurité et de tous les services, notamment la scolarisation de leurs enfants.

 

Hébergement d’urgence : l’heure de la mobilisation

Le logement figure parmi les priorités du mandat communautaire aux côtés du développement économique et des déplacements. Mais, souligne Gérard Caudron, c’est une priorité qu’il faut rendre immédiatement opérationnelle. Il rappelle l’objectif d’augmenter sensiblement la construction de logements dans une conjoncture difficile. Lors du Grand débat logement, les participants ont manifesté la volonté d’une grande politique du logement en général, du logement social en particulier. Un certain nombre de pistes ont été avancées, notamment une densification de la qualité de l’habitat, expression à laquelle Gérard Caudron préfère celle de “meilleure occupation de l’espace”, afin de tenir compte des localisations différentes.
Le Premier vice-président attire aussi l’attention sur le problème du logement d’urgence, trop souvent assimilé au seul hébergement des Sans domicile fixe dans les structures adéquates. Beaucoup de personnes quittent leur logement suite à un accident de la vie : rupture familiale, perte d’emploi et donc revenus insuffisants pour payer un loyer ou rembourser un crédit immobilier, problèmes de santé… Des situations personnelles difficiles beaucoup plus fréquentes qu’on ne l’imagine, qui peuvent s’avérer dramatiques si les personnes ne trouvent pas d’hébergement.
De ce fait, toutes les communes sont confrontées aux demandes d’hébergement d’urgence. Très sensible à cet aspect de la question, le Premier vice-président souhaite précisément l’émergence de propositions adaptées aux réalités locales et conformes aux règles communautaires en matière d’urbanisme. Pour ce sujet comme pour les autres, il recommande la mobilisation de chacun et ce qu’il appelle “la broderie”, autrement dit la souplesse et l’écoute pour tenir compte des besoins locaux dans la mise en oeuvre les grands objectifs.





L'habitat en quelques chiffres


 

> Le parc de logements
En 2009, le parc métropolitain global est de 460 000 résidences principales.
La moitié (51 %) appartient à des propriétaires occupants.
Un peu moins du quart (24 %) est constitué de logements locatifs sociaux.
25% sont des logements privés en location (ou occupés à titre gratuit).


> La demande de logements sociaux
Au 1er janvier 2011, on compte 47 999 demandeurs de logement social, pour 11 576 attributions annuelles. Le délai moyen d’attente est de 13,25 mois.
40% des demandeurs sont déjà logés dans le parc social.

> Les besoins estimés
Compte tenu des projections démographiques et du retard de construction constaté ces dernières années, Lille Métropole s’est fixé un objectif de production de 6000 logements par an, dont 1/3 de logements sociaux. Une priorité est accordée au développement de l'habitat dans les secteurs déjà urbanisés, dans un souci de gestion économe de l'espace.

> Les rythmes de construction
A ce jour, l'objectif de production de 6000 logements annuels n’est que partiellement atteint : 3 888 logements ont été commencés en 2010, conséquence notamment de la crise immobilière. Le rythme de construction devrait néanmoins s’accélérer : 5 318 logements ont été autorisés dans la même période et le nombre de logements sociaux financés poursuit depuis 2007 une hausse continue (+77%).




Gérard Caudron


Premier vice-président, Gérard Caudron est chargé du logement.
Quels sont vos objectifs durant ce mandat ?
Essayer de répondre au mieux aux ambitions affichées par Martine Aubry et sa majorité pour le mandat 2008-2014. Elles sont particulièrement grandes. Ces ambitions ont fait l’objet d’un Grand débat en décembre et d’une délibération-cadre en termes quantitatifs et en adaptations aux besoins. Il faut maintenant les mettre en oeuvre sans perdre de temps, si on veut répondre aux besoins évalués à 40 000 demandes en instance.

Quelles sont vos priorités à court et moyen
termes ?

Il faut mettre en oeuvre les objectifs quantitatifs et qualitatifs avec des modifications du Plan local d’urbanisme, des contrats territoriaux, des programmes avec les bailleurs et surtout, d’une manière générale, avec une intense mobilisation de tous les élus pour traduire les déclarations d’intention en actions et réalisations concrètes.

Quelles sont les difficultés spécifiques de votre
mission ?

D’abord, bien sûr, de passer de moins de 4 000 logements construits par an en pleine euphorie immobilière à 6 000 quand cette euphorie n’est plus qu’un souvenir et que nous somme entrés dans une crise grave, profonde et durable. Ensuite, de changer les réflexes, les habitudes et les comportements de chacun des partenaires du monde du logement et de l’habitat. Enfin, de s’adapter aux évolutions sociales, sociétales et démographiques, y compris en termes de loi et, bien sûr, de moyens budgétaires.




A Télécharger

> Lettre de conjoncture de l'agence d'urbanisme n°1 (PDF, 1018 Ko)

> Lettre de conjoncture de l'agence d'urbanisme n°2 (PDF, 4582)

   (TXT, Accessible)



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