Culture
Le 12/01/2026

Kandinsky face aux images, l’expo-événement du LaM débute en février

Le LaM rouvre ses portes avec une exposition-événement consacrée à Vassily Kandinsky. Immersion inédite dans la pensée d’un artiste majeur.

Pour sa réouverture, le musée métropolitain inaugure une série de récits autour de grandes figures de sa collection. En partenariat avec le Centre Pompidou, il monte une rétrospective consacrée à Kandinsky. Vous y retrouverez certains de ses plus grands chefs-d’œuvre : Jaune-rouge-bleu, Improvisation 3 ou Bleu de ciel. Et redécouvrirez un peintre pionnier de l’art abstrait, membre du groupe d’artistes du Cavalier bleu, qui marque un tournant décisif dans la modernité, et enseignant à l’école du Bauhaus. Kandinsky face aux images renouvelle le regard sur cet artiste. Entrez dans les coulisses de son atelier et explorez les inspirations de son travail.

Kandinsky face aux images, du 20 février au 14 juin 2026.

Info et billetterie sur musee-lam.fr – Allez-y avec la C’ART, le pass musées métropolitain !


Kandinsky - Bleu de Ciel.

Vassily Kandinsky, Bleu de ciel, 1940. Donation de Mme Nina Kandinsky en 1976. Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle. Domaine public. Crédit photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Bertrand Prévost / Dist. GrandPalaisRmn.


Portrait de Jeanne Bathilde Lacourt, co-commissaire et conservatrice en charge de l’art moderne au LaM

Portrait de Jeanne Bathilde Lacourt, co-commissaire et conservatrice en charge de l’art moderne au LaM.

Le regard de Jeanne-Bathilde Lacourt, co-commissaire et conservatrice en charge de l’art moderne au LaM

  • Pourquoi avoir choisi Kandinsky pour la réouverture du musée ? 

Pionnier de l’abstraction, Kandinsky est présent au musée par le biais de deux œuvres. Il est, par ailleurs, un des rares artistes de la collection d’art moderne à ne pas avoir eu d’exposition monographique. Kandinsky face aux images s’inscrit dans la continuité du récit tissé autour des grands artistes d’avant-garde, de Paul Klee à Amedeo Modigliani, ou auparavant Joan Miró et Fernand Léger.

  • Cette exposition explore un aspect méconnu de l’artiste : le rôle des images. Pourquoi ce parti pris ? 

Il s’inscrit dans le projet du LaM de montrer que même les grandes figures de l’art moderne n’ont pas créé dans l’isolement et ont accès à une culture visuelle (photos, imprimés…). Kandinsky s’est inséré dans le monde qui était le sien et ses inspirations se retrouvent dans sa peinture et dans sa théorie de l’art. C’est le propos de cette exposition. Kandinsky traque la beauté partout, dans la nature, l’industrie… Donner à voir les artistes dans leur temps, c’est le projet du LaM. On s’intéresse à la matière à penser des artistes, à la manière dont ils travaillent. Or, le travail de Kandinsky est inscrit dans son époque. Le peintre regarde autour de lui et également dans des directions plus éloignées de l’art. Il s’intéresse aux marges, à ce qui n’est pas considéré comme de l’art et qui est montré dans l’Almanach du Cavalier bleu, publication qu’il co-dirige avec le peintre Franz Marc. Kandinsky s’est aussi intéressé aux représentations, à la photographie spirite, présente dans la collection du LaM, et à toutes les tentatives de rendre visible l’invisible…

  • Quels sont les temps forts de Kandinsky face aux images ?

L’exposition est conçue autour de cinq sections chronologiques, qui présentent des œuvres de toute sa carrière, du figuratif à l’abstraction et ses derniers tableaux des années 1940. Le parti pris étant de montrer différents usages des images. Dans une première section, la photo nourrit sa mémoire de façon littérale. Sont exposés des photographies et dessins de voyage qui donnent lieu à des toiles… On reconnaît le dessin ou le modèle puisé dans les souvenirs de voyages en Italie, aux Pays-Bas ou dans sa Russie natale. Autour de l’Almanach du Cavalier bleu, il ambitionne de montrer une nouvelle approche de la création, à travers la diversité des genres artistiques (art non européen, art populaire, dessins d’enfants…). Toute forme d’art ancrée dans son temps et tournée vers l’avenir est légitime à ses yeux. Une section est également dédiée à son intérêt pour la représentation de la pensée, notamment par le biais de photographies spirites. Ensuite, invité en Allemagne à partir de 1921, au Bauhaus de Weimar, pour enseigner la peinture et la théorie de l’art, Kandinsky justifie son travail dans un contexte plus positiviste. Pour appuyer ses théories, il montre des photos et des reproductions de presse ou de livres à ses étudiants. Enfin, dans les années 1930, à Paris, il est de plus en plus influencé dans son travail par des formes organiques inspirées de la nature. Ses sources ? Des publications scientifiques, des vues au microscope comme des illustrations d’encyclopédies de biologie ou de paléontologie.

  • Qu’a permis le partenariat exceptionnel avec le Centre Pompidou ?

Les deux tiers des 400 pièces exposées ont été prêtées par le Centre Pompidou, qui nous a, par ailleurs, donné accès aux archives léguées par l’épouse de l’artiste, Nina Kandinsky, sur lesquelles a travaillé Hélène Trespeuch, professeure d’histoire de l’art à l’Université Bordeaux-Montaigne, et commissaire associée.

  • Quelles œuvres exposées sont dans les collections du LaM ?

Il s’agit d’une composition des années 1920 et d’un portfolio de gravures daté de 1909.

  • Pourriez-vous nous partager les coulisses de cette exposition ?

Le partenariat avec le Centre Pompidou, initié en 2022, est une vraie opportunité d’emprunt exceptionnel, autant des œuvres que des archives. S’y sont ajoutés des prêts de musées suisses, allemands et d’institutions françaises. Nous travaillons sur cette exposition depuis 2023. Travailler le lien entre l’art moderne et ses sources est vraiment inscrit dans la démarche du musée. Enfin, que le musée rouvre avec Kandinsky face aux images donne un autre souffle à cet événement. Nous célébrons le retour du public avec un très beau projet.

  • Vous êtes en charge de l’art moderne au musée. Quel est votre regard sur le nouvel accrochage Obsession ? 

J’aime beaucoup cette thématique qui traverse vraiment la collection du LaM, depuis le cubisme jusqu’à la création la plus récente, en passant évidemment par l’art brut. Je suis également très contente de montrer deux acquisitions récentes, un rare et très beau dessin de Modigliani, Portrait d’un médium - une œuvre qui fait le lien entre les fonds d’art moderne et d’art brut, et une toile de Mimi Parent, artiste surréaliste très peu représentée dans les collections publiques françaises. 

Crédit : Vassily Kandinsky, Impression V (Parc), 1911. Huile sur toile ; 106 x 157,5 cm. Donation de Madame Nina Kandinsky en 1976. Collection Centre Pompidou, Paris Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle. Domaine public. Crédit photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI / Hélène Mauri / Dist. Grand Palais RMN.

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