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Le 22/06/2022

Tour de France 2022 : rencontre avec Laurent Desbiens, maillot jaune

Le Tour de France approche... On se glisse dans les coulisses des coureurs pros avec Laurent Desbiens. Go !

Laurent Desbiens, chargé d’événementiel de la Métropole Européenne de Lille /ex-coureur professionnel / 7 Tours de France

Laurent Desbiens "a pris" le maillot jaune le 19 juillet 1998 à l’arrivée à Montauban. Il l’a ensuite porté trois jours. Vingt-quatre ans plus tard, il travaille à la MEL à l’organisation de grands événements sportifs. Évidemment, en ce moment, Laurent est « Monsieur Tour de France ».

Quand as-tu couru le Tour ?

J’ai fait plusieurs Tours entre 1993 et 2001. Et porté le maillot de meilleur grimpeur sur mon 1er Tour.

Retour sur l’émotion de porter le maillot jaune…

Nous sommes en 1998. L’émotion est incroyable. J’ai porté le maillot jaune trois jours (sur vingt-et-un). Je m’interroge encore, combien de personnes ont porté le maillot depuis sa création… Je me souviens d’une célébration avec Eddy Merckx, Bernard Hinault, Antonio Gelabert, Sylvain Chavanel… Ce maillot est réservé à un très petit nombre de coureurs.

Lorsque tu gagnes, tu es dans un rêve. Tu te dis que ce n’est pas possible. J’ai 53 ans, on m’en parle encore comme on me parle encore des 4 jours de Dunkerque que j’ai gagnés. Cette victoire marque à vie et change ta vie. J’ai pourtant gagné d’autres courses, 15 courses dans ce milieu très exigeant, mais c’est du maillot jaune dont on me parle.

Pour revenir à juillet 1998, en fin de journée après la salle de presse, les différentes sollicitations jusque tard le soir, tu poses le maillot sur ton lit et tu te dis : « demain, je le mets ». Et le lendemain, toute l’équipe te regarde, ton nom est partout associé aux vainqueurs du Tour. Pourtant, tu restes le même.

Quel souvenir as-tu de ton étape nordiste ?

En 1994, je suis jeune, c’est ma troisième année de cyclisme professionnel. Et Lille accueille un « Grand départ ». Je me souviens du contre-la-montre individuel sur les Grands boulevards. Je revois les gens m’applaudir du côté de Cormontaigne à Lille. C’était énorme. La police ouvre la route, tu es sur une arène.

Plus tard, alors que je travaillais à la Métropole Européenne de Lille, j’ai découvert l’implication d’une collectivité dans le départ du Tour. C’est un dossier qu’on travaille toute une année…

Comment se prépare un Tour ?

Du vélo toute l’année et de janvier à juillet, des compétitions dans lesquelles il faut être le meilleur. Puis dès que tu sais que tu es sélectionné pour le Tour, tu débutes un programme de préparation. À partir de fin mai, la pression monte. Tu roules Tour de France. Tu fais attention à bien t’alimenter, à ne pas tomber, à bien t’entraîner… Un mois avant, tu es dedans, avec le Critérium du Dauphiné, une semaine avant avec le Championnat de France. Et à partir du mardi précédent, tu dors moins bien. Tu as peur de chuter. Je me souviens d’ailleurs d’un coureur qui est tombé lors des présentations Grand’Place à Lille en 1994. Son Tour était terminé. Ensuite, c’est parti. La première semaine, c’est l’arène des gladiateurs : les coureurs sont nerveux, les étapes plus faciles, les coureurs sont frais. Tout le monde a envie de gagner une étape. Il y a les premières chutes et les premiers abandons.

Peux-tu nous faire entrer dans les coulisses de l’avant-départ ?

Avec ton manager, la veille au soir, tu cales un massage et le planning. Le lendemain, l’organisation est millimétrée. Tu petit-déjeunes ou déjeunes 3h à 3h30 avant le départ. Au menu : des pâtes. Ensuite, dans le bus, le directeur sportif déroule la météo, la stratégie d’équipe en fonction de l’étape.

Pourquoi cette 5e étape est-elle tant attendue ?

Elle est aussi attendue qu’une étape de montagne, avec ses 11 secteurs pavés.

Un commentaire sur le parcours ?

Les coureurs rouleront à fond depuis Lille. Les meilleurs souhaitent passer les premiers sur les pavés. Dans cette configuration qui ressemble au Paris-Roubaix, tous redoutent chutes et crevaisons. Tu peux perdre un Tour de France sur une telle étape. Ca va être tendu et ça va rouler dès le km 0. L’étape sera rapide.

Que se passe-t-il chaque soir alors que l’on passe la ligne d’arrivée ?

Tu te dis, je suis arrivé, pas de casse physique et tu arraches ta page de road book. Tu regardes sur quelle étape tu peux briller.

Que feras-tu le 6 juillet dans les coulisses du Tour pour la Métropole Européenne de Lille ?

Comme les coureurs, nous regardons le rétroplanning. Nous nous tenons prêts pour pouvoir être sur le site, caler le jour J, encadrer les 60 bénévoles et pour gérer les derniers ajustements. On travaille à accompagner l’événement (communication, logistique…) depuis longtemps. La priorité ? Que tout le monde soit content.

Quels grands événements suivras-tu prochainement ?

Les préparatifs de la Coupe du monde de rugby 2023 débutent. Le train de la Coupe du monde passe par Lille en juillet et un festival de rugby se prépare place de la République à Lille fin septembre. Les Jeux [olympiques] s’organisent aussi. Et bien d’autres événements.

Photo : Laurent Desbiens - Tour de France, Lille, 1994 / copyright : Daniel Rapaich / DICOM/Ville de Lille

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