Les réseaux de chaleur

La MEL est l'autorité compétente pour les réseaux de chaleur publics sur son territoire.

Un réseau de chaleur ou un réseau de froid qu’est-ce que c’est ?

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Un réseau de chaleur est une solution collective de chauffage

La chaleur provenant de grosses chaufferies circule dans des canalisations sous forme d'eau très chaude (aux alentours de 100°C), qu'on appelle le circuit primaire (en orange ci-contre pour l’aller, en vert pour le retour).

Ces canalisations se situent généralement sous la route et desservent des échangeurs de chaleur en "sous stations" (carrés verts sur le schéma ci-contre) dans des bâtiments collectifs, qui constituent l'interface entre le circuit primaire et le circuit secondaire. 

Schéma de principe d'un réseau de chaleur (Source ADEME Île-de-France)

Le circuit secondaire est le réseau de chauffage interne au bâtiment. Il n’appartient pas au réseau de chaleur.

Les avantages du réseau de chaleur métropolitain :

  • C’est une solution permettant l’introduction massive d’Energies Renouvelables et de Récupération (ENR&R) sur le territoire (biomasse, énergie de récupération, solaire thermique, géothermie) ;
  • C’est une solution compétitive pour les consommateurs qui aide à lutter contre la précarité énergétique.
  • C’est un outil qui participe à l’économie locale, avec la création d’emplois non délocalisables ;
  • C’est un moyen pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et diminuer la pollution de l’air, notamment avec des contrôles plus stricts sur les chaudières de grande puissance ;
  • Cela permet un taux de disponibilité de presque 100% (peu de temps de coupure), avec des réparations rapides et des maillages permettant la redondance (utilisation d’un autre tuyau à la place de celui avec un problème) ;
  • Cela permet de lisser les pics d’appel de puissance et donc de diminuer les puissances installées par la mutualisation des besoins de chauffage de plusieurs bâtiments.
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Un réseau de froid est principalement destiné au rafraichissement des bâtiments tertiaires. Le froid acheminé via des canalisations souterraines présente une efficacité énergétique et environnementale supérieure aux systèmes individuels ou collectifs centraux habituels. Avec des moyens de production déportés, il permet de lutter contre l’effet d’ilot de chaleur. 


En 2025, 6 réseaux de chaleur publics appartenant à la MEL existent sur le territoire métropolitain. Ils se situent sur les communes de Lille, Mons-en-Baroeul, Villeneuve d’Ascq (Pont de Bois), Roubaix, Wattignies (Blanc Riez) et Wattrelos (Beaulieu) CARTO ?. Les abonnés de ces réseaux sont alimentés à partir de plusieurs combustibles comme la biomasse, le gaz naturel ou encore la chaleur fatale* issue du Centre Valorisation Énergétique d’Halluin. La MEL concède ces réseaux au travers de contrats de concession à des sociétés dédiées filiales de Dalkia. Les concessionnaires s'occupent quotidiennement de l’exploitation, l’entretien et le développement des réseaux. La MEL veille à la qualité du service rendu aux abonnés et contrôle l’activité de ses concessionnaires.

Les réseaux de chaleur alimentent différents types de bâtiments : des logements collectifs, des bâtiments municipaux, des piscines et salles de sport, des entreprises etc…

Les réseaux de chaleur ont connu plusieurs évolutions notables ces dernières années : 

  • Depuis 2021, les réseaux de Roubaix et de Lille bénéficient de l’énergie fatale* qui est issue du processus d’incinération des déchets au Centre de Valorisation Énergétique et transite via l’autoroute de la chaleur (LIEN). Les réseaux de Mons en Baroeul et Villeneuve d’Ascq étant interconnectés à celui de Lille, ils bénéficient également d’une part de cette énergie de récupération.
  • Les 6 réseaux bénéficient désormais d’une TVA réduite à 5,5% sur la partie fourniture et abonnement de la facture,
  • Les réseaux de Lille, Mons en Baroeul, Villeneuve d’Ascq, Roubaix et de la partie Est de Wattrelos, alimentés majoritairement par des énergies renouvelables et de récupération, sont désormais classés. Le raccordement au réseau de chaleur est ainsi obligatoire sous certaines conditions (LIEN).

* L'énergie fatale désigne une quantité d'énergie qui se trouve présente ou piégée dans certains processus ou produits. Selon les cas, cette énergie peut être récupérée et/ou valorisée.


Le classement des réseaux de chaleur métropolitains

Le classement d'un réseau de chaleur signifie que les bâtiments neufs ou remplaçant leur installation de chauffage sont obligés de se raccorder à ce réseau, s’ils sont situés à proximité du réseau et si leur puissance de chauffage est au-dessus d’un certain seuil.

Depuis la loi Energie Climat de 2019, le classement d’un réseau est effectué automatiquement par le ministère de l’énergie si le réseau est vertueux, c’est-à-dire si son taux d’EnR&R est supérieur à 50 %.

En ce qui concerne la MEL, les réseaux de Lille, Roubaix, Mons-en-Barœul, Wattrelos et Villeneuve d'Ascq ont été classés par arrêté ministériel en 2022 et 2023. L’obligation de raccordement s’applique à partir du 1er juillet 2023, sauf pour Villeneuve d’Ascq (à compter du 1er juillet 2024).

En tant qu’autorité compétente, la MEL a défini les paramètres du classement par délibérations du 14 avril 2023 et du 19 avril 2024, à savoir les « Zones de Développement Prioritaire » à l’intérieur desquelles l’obligation de raccordement s’applique, et la puissance minimale, fixée à 70kW, au-dessus de laquelle l’obligation s’applique.

Une amende pouvant aller jusqu'à 300 000 € est prévue par le code de l'énergie (L712-5) en cas de non-respect de l'obligation de raccordement à un réseau classé.

De plus, sur l’ensemble du périmètre de la concession du réseau de chaleur, y compris en dehors des Zones de Développement Prioritaire, le concessionnaire est tenu d’étudier toute demande de raccordement d’un bâtiment, sauf exceptions prévues par le contrat de concession (notamment en cas de puissance ou de densité thermique trop faibles). Dans sa délibération du 14 avril 2023, le Conseil Métropolitain a abaissé les seuils au-dessus desquels le concessionnaire doit étudier les demandes, à 3kW/m pour la densité thermique et à 70kW pour la puissance. Pour le réseau de Lille, le concessionnaire étudiera toute demande de raccordement supérieure à 50kW à titre d’expérimentation.

Pour savoir si vous êtes concernés, vous pouvez retrouver la carte des Zones de Développement Prioritaire en suivant ce lien. 

Pour plus d’information, vous pouvez nous écrire : classementrcu@lillemetropole.fr

Il existe des cas de dérogation à l'obligation de raccordement définis par la réglementation (incompatibilité technique, problème de délai, recours à un mode de chauffage alternatif avec un taux d’Energies Renouvelables et de Récupération (EnR&R) au moins aussi élevé que le réseau de chaleur, disproportion manifeste du coût du recours au RCU (raccordement + utilisation)). Pour plus de renseignements et demander une dérogation de raccordement à la MEL, consultez le formulaire en suivant ce lien.

Vous trouverez ici le flyer explicatif de la MEL concernant le classement de ses réseaux : 


Une nouvelle ambition pour la MEL avec le développement des réseaux de chaleur de la MEL sur son territoire

En cohérence avec les ambitions affichées dans le schéma directeur adopté en décembre 2024 (lien), l’offre de chaleur et de froid va prochainement pouvoir bénéficier à plus de métropolitains grâce à deux projets.

A partir du 1er novembre 2025, les réseaux de chaleur de Lille et Wattignies sont exploités par ILENERGIE, filiale de Dalkia au travers d’un contrat de concession d’une durée de 20 ans. Ce nouveau contrat prévoit des extensions sur les communes de Loos, Haubourdin, la Madeleine et Marcq-en-Barœul et une densification sur Wattignies et Lille.

Conformément aux ambitions de la MEL, la quantité de chaleur distribuée sera multipliée par environ 3 par rapport à aujourd’hui (~730 GWh/an, l’équivalent de plus de 75 000 logements). Cette chaleur sera produite pour plus de 89 % à partir d’énergies renouvelables ou de récupération grâce notamment à la chaleur fatale récupérée sur trois sites industriels du territoire, et sur une des stations d’épuration de la MEL, en complément de celle du Centre de Valorisation Énergétique d’Halluin, déjà valorisée depuis 2021. En complément, une nouvelle chaufferie biomasse à très haute performance sera construite sur une friche industrielle et approvisionnée intégralement par voie d’eau. Le combustible sera essentiellement du bois en fin de vie non pollué ou issu de l’entretien des haies et espaces verts locaux. Le contenu carbone de la chaleur distribuée sera divisé par 4.

Un réseau de froid sera également construit sur le secteur d’Euralille. 

La MEL a également souhaité développer un réseau de chaleur sur Tourcoing et sur une partie des communes de Bondues, Neuville-en-Ferrain et Wattrelos. Le développement et l’exploitation de ce réseau ont été confié par la MEL au groupement Coriance – Caisse des Dépôts et Consignations pour une durée de 20 ans. 

Ce nouveau réseau délivrera plus de 130GWh de chaleur par an correspondant à l’équivalent de plus de 14 000 logements. Le réseau sera progressivement déployé entre 2027 et 2031 et fournira dès lors une chaleur constituée de plus de 83% d’énergies renouvelables et de récupération grâce notamment à la chaleur fatale récupérée auprès d’un industriel du territoire, et sur une des stations d’épuration de la MEL. En complément, une nouvelle chaufferie biomasse à très haute performance sera construite sur une friche industrielle. Le projet prévoit l’éventualité de récupérer à terme de la chaleur supplémentaire issue du centre de valorisation énergétique d’Halluin (CVE) si cela permet de faire baisser les tarifs des abonnés au réseau de chaleur.

Pour ces 2 réseaux, le raccordement des logements individuels situés à proximité du réseau sera possible.


Schéma directeur des réseaux de chaleur de la MEL

La MEL souhaite poursuivre et accélérer le développement et le verdissement en cours des réseaux de chaleur métropolitains. Le précédent schéma directeur avait été adopté en 2018 et fixait des objectifs à 2030, la majorité des actions actées ont été mises en œuvre avec le développement du réseau de Lille et la création du réseau de Tourcoing (voir paragraphe précédent).

La MEL a adopté le 20 décembre 2024 un nouveau schéma directeur développant une vision prospective des possibilités d’évolution des réseaux de chaleur et de froid sur le territoire jusqu’à l’horizon 2035. Les objectifs que la MEL s’est fixé à l’horizon 2035 pour les réseaux publics de chaleur :

→ Volume de chaleur distribuée : avoir lancé les démarches pour distribuer de la chaleur à l'équivalent de 130 000 logements (soit environ 1,2 TWh/an) ;

→ Taux d'EnR&R moyen : atteindre au moins 75 %. 

L’atteinte de ces objectifs permettra d’éviter l’émission de 240 000 tonnes de CO2 par an.

Vous trouverez ici plus de détails sur ce deuxième schéma directeur :